JOHN CARPENTER'S
ESCAPE FROM NEW YORK.

Titre français : New York 1997.
Avco Embassy présente un film de John Carpenter avec Kurt Russell (Snake Plissken), Lee Van Cleef (Bob Hauk), Ernest Borgnine (Cabbie),
Donald Pleasence (le Président des Etats Unis), Isaac Hayes (le Duke de New York), Harry Dean Stanton (Brain), Adrienne Barbeau (Maggie),
Tom Atkins (Rehme), Charles Cyphers (le Secrétaire d'état), Frank Doubleday (Romero), Season Hubley, John Strobel (Dr Cronenberg), Joe Hunger (Taylor).
Ecrit par John Carpenter et Nick Castle, Directeur de la Photographie Dean Cundey, Musique de John Carpenter en association avec Alan Howarth,
Monteur Todd Ramsay, Décors Joe Alves, Premier Assistant Réalisateur Larry J. Franco, Effets Spéciaux par New World Pictures/Venice,
Producteur Associé Barry Benardi, Produit par Debra Hill et Larry Franco, Réalisé par John Carpenter. Filmé en Panavision, couleur par MGM, 1981, 99 minutes.
Disque édité chez Varèse Sarabande (référence vcd 47267) pour la première version et chez Silva Screen pour la deuxième.

L'histoire : En 1988, le crime aux Etats Unis a augmenté de 400%. Pour arrêter cette inflation de la violence dans les rues, New York va devenir la plus grande prison de haute sécurité du pays. Un mur de 50 pieds va entourer et isoler l'île de Manhattan, tous les ponts sont minés. La Force de Police des Etats Unis, comme une armée, campe tout autour de l'île et les hélicoptères font des va et vient incessants. Il n'y a aucun garde à l'intérieur de la prison et les prisonniers sont libres d'agir comme bon leur semble. Il n'y a qu'une loi à New York : une fois que l'on est rentré, on ne ressort plus.
En 1997, l'avion Air Force One du Président des Etats Unis est détourné et s'écrase en plein Manhattan. Le Président est pris en otage par les prisonniers alors qu'il est attendu pour un meeting avec les autres grandes puissances afin d'éviter la guerre mondiale. Une seule personne peut investir la prison et sauver le Président : Son nom est Snake Plissken, un renégat, vétéran du front sibérien de la 3è guerre mondiale arrêté pour cambriolage de banque. En échange de sa liberté, il a 23 heures pour réussir sa mission sinon il mourra à cause de deux capsules explosives placées dans sa gorge.

 

 

" Une délocalisation de science-fiction. Un film très, très sombre, dans le thème comme dans le traitement. Snake Plissken est l'antihéros absolu. J'ai pris un coup de vieux après avoir fini ce film. " Première 215.

New York 1997 représente une véritable affaire de famille malgré les 7.000.000$ et les 3 mois de tournage alloués à Carpenter et son équipe.
Son équipe, d'ailleurs, est le principal atout de ces films.
Nick Castle tout d'abord, qui tournait déjà sur le premier court métrage de Carpenter, La Résurrection de Bronco Billy, était assistant cameraman sur Dark Star et a incarné le tueur dans Halloween. Cette fois il est le co-scénariste d'Escape.
Adrienne Barbeau épousa Carpenter en 1979, elle a joué dans Meurtres au 43è étage. Très connue aux Etats Unis pour ses rôles à la télévision et au théâtre, elle fit ses débuts au cinéma dans Fog et joue Maggie dans Escape.
Debra Hill, co-productrice sur Escape, est avant tout connue pour ses collaborations sur Halloween et Fog. Elle a débuté sur Assaut.
Kurt Russell a commencé sa carrière dans les productions Disney à l'âge de 9 ans. Sa première collaboration avec Carpenter fut dans un téléfilm sur la vie d'Elvis. Il est, dans Escape, le héros de l'histoire et s'appelle Snake Plissken.
Donald Pleasence a tourné dans nombres de films et a rencontré Carpenter sur Halloween.
Charles Cyphers, Frank Doubleday, Larry J. Franco, Dean Cundey, Tom Atkins et Alan Howarth, dont c'est le début d'une fructueuse collaboration musicale, ont tous étés les partenaires de John Carpenter. Il ne pouvait se sentir plus à l'aise qu'avec ces gens là vu les problèmes qui allaient se poser sur le tournage d'un film de 7 millions.

Attention les héros sont fatigués. Cette fois James Bond, a qui Snake est souvent comparé, n'est plus le héros d'antan. Snake Plissken, rebelle d'un monde totalitaire, est le type parfait du personnage de western. Comme Clint Eastwood dans les films de Léone il traîne sa dégaine sans y croire, attendant que les méchants lui tombent dessus. Personne ne l'aime et tout le monde l'utilise, à croire que Carpenter et son personnage sont l'identification l'un de l'autre.
Pourtant Carpenter est encore heureux dans cette industrie qu'est le cinéma tout auréolé qu'il est du succès de ses deux derniers films.
Après des œuvres axées sur le suspense, l'attente où le lieu de l'action était réduit à une pièce ou deux, Carpenter va se lancer dans le film d'action et d'aventure sur fond de fin de civilisation et d'apocalypse. Car n'en doutez pas New York 1997 est un film pessimiste, une politique fiction sur une Amérique de droite. Cette vision désespérée de son pays vient sûrement des angoisses les plus profondes d'un homme qui se pose des questions sur cette fin de siècle et sur son pays.
Pour Carpenter la réponse est simple : tout détruire pour mieux reconstruire. Car peut-on vivre dans une société où les armes, le profit, la force et la hiérarchie sociale sont les seuls intérêts ?
Une société qui décide de faire disparaître dans une gigantesque prison tous ceux qui s'opposent à ce système de vie.
Snake Plissken est fatigué. C'est un homme qui en a trop vu, décoré à Leningrad il est passé de héros de guerre à rebelle violent, tout le monde le croit disparu ("j'te croyais mort Snake " est la phrase récurrente du film) il est borgne, viril et rappelle un certain Mad Max qui lui ressemblera, d'ailleurs dans son deuxième opus Road Warrior (Mad Max 2 Le Défi).

Carpenter ne nous expliquera jamais comment l'humanité en est arrivée là, à nous de nous poser ces questions, à nous d'y répondre. Ce sera peut être le seul bémol pour les fans de ce pur divertissement car avec un film aux situations si jouissives on aimerait en savoir plus sur ces personnages, de Snake aux prisonniers (peut être viennent il d'Assaut ?).

Ce sera la dernière production indépendante de Carpenter avant de collaborer avec les Studios Hollywoodiens. Doté d'un budget confortable mais néanmoins égal à celui d'une série B, Carpenter va réussir l'exploit de nous faire croire à ce monde sombre et décadent.
La première mouture du scénario d'Escape fut écrite en 1973, mais aucun producteur n'était intéressé à l'époque. Carpenter le réécrira avec son ami Nick Castle qui y apportera le personnage de Cabbie et l'humour du film, du moins le peu qu'il y a, le film étant sans doute l'un des plus sombres du réalisateur.
Fidèle à son amour du western et des films de genre, Carpenter va créer le desperado moderne qu'est Snake Plissken en pensant à Eastwood et engager comme acteurs Lee Van Cleef qui travailla avec Sergio Léone et Isaac Hayes star de la Blaxploitation.
Grâce à Escape, Kurt Russell va acquérir son statut de star de film d'action qu'il ne lâchera plus.
L'approche très comic book du film avec ses personnages haut en couleurs ne fit qu'augmenter la passion du public et des fans, déjà nombreux, de Carpenter pour cette œuvre.
Le réalisateur exprimera pour la première fois une vision assez négative et cauchemardesque du pouvoir des politiques avec un Donald Pleasence formidable en Président torturé, humilié et qui ne vaudrait même pas la peine d'être sauver comme l'explique la fabuleuse dernière scène où il ne montre aucune émotion à l'égard de ceux qui ont étés sacrifiés pour lui.
Les acteurs sont tous épatants avec Ernest Borgnine connu pour ses différentes prestations qui vont de films tels que Poseidon Adventure d'Irwin Allen, From Here to Eternity (Tant qu'il y aura des Hommes) de Fred Zinneman, Dirty Dozen (12 Salopards) de Robert Aldrich à la série Airwolf (Supercopter)(??!!).
Harry Dean Stanton a joué dans Alien de Ridley Scott, Paris Texas de Wim Wenders ou encore Wild at Heart (Sailor & Lula) de David Lynch.

Escape from New York a été distribué en Laserdisc Ntsc en format widescreen respecté avec les commentaires audio de Carpenter et de Kurt Russell. Nous pouvons y voir, après le film, une interview de John Carpenter qui était en train de réaliser L'Antre de la Folie ainsi que deux passages coupés d'Escape sur le fameux cambriolage de Snake, son évasion et son arrestation. Le tout suivi de la bande annonce du film.
Le premier DVD Zone1 de chez MGM présente une version de bonne facture en dolby surround avec sous titres français mais aucun vrai bonus.
New York 1997 est aussi sorti en France en Zone 2 chez TF1 vidéo dans son format respecté avec le film en mono tant pour la version anglaise que française.
Il existe maintenant 2 nouvelles versions, un Zone 1 superbe GAVES de supplements dont le prologue remonté par John Carpenter !!!! son excellent !

Le nouveau Zone 2 (Studio Canal) comporte son lot de supplements. Remixage de la bande son, de très bonne facture.

La musique est éditée chez Varèse et Silva Screen. Pour la première, elle correspond vraiment à l'univers d'Escape. Son thème est assez triste et fait ressentir l'ennui de Snake dans la société dans laquelle il vit, et le reste correspond bien à la musique du film d'action classique avec des rythmes assez rapides. La chanson des prisonniers y figure et les paroles sont à disséquer tant elles sont d'un humour brillant. Ce sera le début d'une fructueuse collaboration avec Alan Howarth qui l'aidera sur les effets et bruitages de la musique et du film.
Pour l'écouter dans l'ordre chronologique du film il faut programmer votre platine de telle façon :
1.2.3.4.7.5.6.8.10.9.11.12.13.

L'edition Silva Screen reprend celle de chez Varèse, remasterisée et comportant 6 inédits dont la fameuse scène coupée du vol de la banque et un End Credits inédit et abandonné (on comprendra vite pourquoi à l'écoute).

John Carpenter et Kurt Russell à propos d'Escape :

" Escape From New York est vraiment l'archétype du film d'aventure, c'est du pur divertissement et je le considère moi-même comme un western. "
" Qui sait si une prison comme celle ci ne pourrait exister un jour, en un sens New York en est déjà une. "
" Le film commence avec cette carte indiquant des repères pour le spectateur pour que dès le début il se dise : OK je vois où tu veux m'emmener. "
" Un bon film de science fiction se doit d'expliquer ses propres réalités afin que toutes les personnes qui rentrent dedans ne soit jamais déroutés. "
" Il existe 2 styles de S.F, une version utopique où tout y est merveilleux, et l'autre beaucoup plus sombre. C'est dans cette deuxième classe qu'Escape se trouve. "
" Nous n'avons tourné que 2 jours à New York, notamment pour les plans de la statue de la liberté, pour le reste nous sommes allés à Saint Louis dans le Missouri où un gigantesque incendie avait ravagé certains quartiers. C'était parfais pour donner l'illusion d'une ville désolée. IL y a énormément de transition entre les plans tournés à St Louis et ceux de Los Angeles. Quand je regarde une séquence je n'arrête pas de me dire que ce plan a été tourné dans tel lieu et celui d'après dans une autre ville puis l'on revient a la première etc… "

" Je me suis vraiment battu pour avoir Kurt Russell mais il sortait des films Disney et n'avait fait qu'Elvis en tant que film à caractère sérieux, les producteurs voulaient Charles Bronson mais cela n'aurait pas marché, Snake se devait d'être jeune et je voulais qu'ils donnent à Kurt sa chance. "
" Le film devait débuter par le cambriolage de la banque par Snake et son acolyte puis par leur fuite dans le métro et pour finir par l'arrestation de Plissken, son partenaire étant tué par la police. J'ai filmé ces scènes mais ne les ai pas incluses dans le montage final de New York car cela n'aurait rien apporté de plus. "
" C'est Kurt qui a eu l'idée de mettre un bandeau sur l'œil de son personnage. Cela faisait de lui un baroudeur avec une très profonde image sexy. Le nom de Snake Plissken existe vraiment, c'est un ami qui connaissait un type de Cleveland qui s'appelait comme cela et qui avait un tatouage de serpent sur le ventre. Ce mec adorait animer le serpent en contractant ses muscles. "
Kurt Russell : " Le nombre de fans qui m'ont écrit pour me dire avoir aimés ce tatoo, certaines étaient même intéressées de savoir où allait cette queue de serpent (rire). "
" J'adore la scène dans le Chock Full O'Nuts avec Season Hubley qui était ma femme à l'époque, nous venions juste d'avoir notre premier enfant, c'est le seul passage du film où Snake peut être considéré comme attrayant, sexuellement parlant, pour une personne mais les Crazies ne lui en laisse pas le temps. "
John Carpenter : " Ce film a vraiment relancé la carrière de Kurt. Il m'a dit un jour que j'avais pris un sacré pari pour lui et j'ai alors répondu qu'après tout s'il avait pu jouer Elvis, il pouvait jouer n'importe qui d'autres. "
Kurt Russell : " J'ai du faire de la musculation pendant 4 mois pour tenir ce rôle. Et un jour j'ai eu l'idée du bandeau pour l'œil. J'en avais deux, un normal et un troué pour que je puisse y voir dans certaines scènes tournées dans des décors trop sombres. "
John Carpenter : " Les effets spéciaux du film furent exécutés par la société de Roger Corman, roi de la série B tendance Z pour certains. Le travail qu'ils ont fourni est admirable vu l'ampleur du projet et le peu d'argent que nous avions. Pour les passages de vues sur ordinateur c'était de l'animation classique puisque à l'époque l'image de synthèse n'en était qu'à ses balbutiements. James Cameron, le réalisateur de films tels que Terminator 1&2, Aliens et Abyss, a travaillé sur les matte paintings et d'autres plans magnifiques. "
" Le moment du film où Snake descend dans les sous-sols du théâtre comporte une scène qui fut coupée pour le passage télé. Nous y voyons des punks maltraiter une jeune fille, Snake regarde et ne fait rien pour l'aider. Un héros ne doit pas faire ce genre de choses, cela n'est pas très correct. "
" J'aime aussi beaucoup la scène où Snake prend une chaise et s'assoie au milieu de la rue pour prendre un moment pour penser. Je pense que cela devrait arriver plus souvent dans les films d'action que le héros prennent un moment pour y voir plus clair cela les rendrait plus humains. "
" Quand je revois la scène où les Crazies sortent des égouts je me rends compte à quel point j'ai été influencé par la Nuit des Morts Vivants de Romero ! "
" La personnalité et la joie de vivre d'Ernest Borgnine étaient vraiment parfaite pour le rôle de Cabbie. "
" Il n'y a pas si longtemps j'ai eu un message d'Isaac Hayes qui disait : Je ne suis pas mort, je veux jouer dans la suite dès que vous la ferez. "
" Refaire ce film maintenant équivaudrait à augmenter le budget à 30 ou 40 millions. "
" La scène du ring entre Snake et ce catcheur du nom d'Ox Baker fut vraiment difficile pour Kurt. N'ayant aucune expérience cinématographique, Ox s'est vraiment lâché sur Kurt en le malmenant avec une grande violence. Ce que vous voyez à l'écran est vrai, ce n'est pas Snake qui défendait sa vie mais Kurt. Alors celui-ci lui a dit d'y aller mollo mais il ne voulait rien savoir. Kurt a été obligé de lui placer un uppercut au foie et ce n'est qu'à ce moment là que Baker a compris. Ox était lui terrifié à l'idée de jouer sa mort, d'abord parcequ'il n'aimait pas perdre mais surtout parce que Kurt devait lui planter un vrai clou sur un morceau de bois placé derrière sa tête. Plus d'un aurait reculé avant de faire la scène mais Ox et Kurt s'en sortirent de façon admirable. "
" Le plan du cadavre ensanglanté d'Adrienne Barbeau fut tourné dans mon garage. "
" Donald s'est investi dans le rôle car il avait vraiment été torturé pendant la seconde guerre mondiale. "
" Je pense que si les gens aiment toujours Escape c'est parcequ'il est distrayant, plein d'action et très mais très, très noir. "