JOHN CARPENTER'S
MEMOIRS OF AN INVISIBLE MAN


Titre français : Les Aventures d'un Homme Invisible.
Warner Bros Présente en association avec Le Studio Canal+, Regency Enterprises et Alcor Films, une production Cornelius, un film de John Carpenter
avec Chevy Chase (Nick Halloway), Daryl Hannah (Alice Monroe), Sam Neill (David Jenkins), Michael McKean (George Talbot),
Stephen Tobolowsky (Warren Singleton), Jim Norton (Dr Bernard Wachs). Scénario de Robert Collector & Dana Olsen et William Goldman
d'après le livre de H.F.Saint, Directeur de la Photographie William A.Fraker (A.S.C.), Chef Décorateur Lawrence G.Paull, Chef Monteuse Marion Rothman,
Musique de Shirley Walker, Effets Spéciaux par I.L.M, Superviseur Effets Visuels Bruce Nicholson, Producteur Exécutif Arnon Milchan,
Produit par Bruce Bodner & Dan Kolsrud. 1992. Panavision. 99 minutes. Disque édité chez Varèse Sarabande (ref : vsd-5355).

L' Histoire : Nick Halloway est analyste financier, charmeur désinvolte, séducteur qui mène sa vie comme il l'entend. Un soir il drague une jeune réalisatrice, Alice, ce qui promet une relation pleine de passion. Le lendemain assez fatigué par un trop plein d'alcool, il se rend au laboratoire de recherche Magnascopics pour une étude, et fini par se rendre dans un sauna de l'établissement pour y faire un somme. Malheureusement, un technicien provoque un court-circuit dans le cyclotron et après plusieurs explosions, tout l'immeuble est évacué sauf Nick plongé dans un profond sommeil. A son réveil, il se rend compte que l'immeuble est devenu au ¾ invisible et que lui l'est devenu complètement. L'agent des Services Secrets David Jenkins se rend compte du potentiel d'avoir un agent comme Nick et décide de tout faire pour le récupérer.

 

 

" La parfaite parabole de l'homme d'affaires des années 90. Encore un film hollywoodien. J'ai eu des relations très difficiles avec l'acteur vedette, qui était également producteur. Une fois le film terminé, j'ai voulu arrêter le cinéma. J'ai pris deux ans de vacances. " Première 215.

Après 4 ans d'absence, John Carpenter revient avec une histoire d'homme invisible qui reste, à ce jour, un de ses films les plus sous-estimé. Pendant ces 4 années (très longues quand l'on a l'habitude d'un film par an), John Carpenter eu plusieurs projet en mains dont les deux principaux étaient des remakes de vieux films de la Universal, L'Homme Invisible et La Créature du Lac Noir. Tiré du roman de H.F.Saint ces mémoires d'un homme invisible sont avant tout un prétexte à exposer les problèmes qu'engendreraient l'invisibilité de façon plausible et réaliste tout en abordant la comédie sentimentale. C'est d'ailleurs le personnage joué par Daryl Hannah qui dédramatisera toutes les situations en restant de marbre et en aidant l'infortuné héros à accepter sa nouvelle personnalité. Il est vrai que c'est tout de même la première fois que le genre s'attaque aux problèmes d'être invisible. Qui n'a jamais rêvé de l'être une seule fois ! Que ce soit pour regarder dans les vestiaires des filles, sous leurs jupes, piquer des choses sans être soupçonné, entrer partout gratuitement, etc…mais le roman de Saint et le film de Carpenter proposent une autre vision, assez inquiétante de l'invisibilité. Il n'est plus possible de faire grand chose pour Nick Halloway ; que ce soit porter un costume (sans tête ni mains), avaler de la nourriture (on assiste à une digestion des plus répugnante), aller dans un endroit en slalomant pour éviter les gens et les coups qu'ils pourraient vous asséner. Non, être invisible est une plaie ouverte, une croix à porter et c'est ce que le roman et le film ont réussi à démontrer.

Mais les Aventures d'un Homme Invisible ne s'arrête pas là car comme le dit le personnage David Jenkins, magnifiquement interprété par le très bon Sam Neill, Nick Halloway était invisible avant d'être invisible. Cette phrase souligne à elle seule l'inexistence et la transparence des yuppies. Plus souvent comparés à des robots qu'à des hommes, ils se ressemblent tous et gagnent à êtres connus pour leur futilité, le film de Carpenter devient une métaphore sur ce microcosme qu'est la vie du yuppie américain.
Il n'y a pas de grands rapport entre ce film et celui de la Universal The Invisible Man de James Whale (Frankenstein) avec Claude Rains si ce n'est l'apparition de Nick halloway en robe de chambre dans la villa de la plage. Un bel hommage pour un film que Carpenter adore.

En 1986, Chevy Chase achète, avec le producteur Bruce Bodner, les droits du roman de H.F.Saint, et décide de se mettre en quête du réalisateur idéal.. A la vision de Starman, il comprend que John Carpenter sera le plus apte à faire évoluer cette histoire de façon crédible tout en lui permettant de sortir de son registre habituel. Il faut savoir que Chevy Chase a toujours incarné le même personnage dans tout ses films. Il y a eu Fletch aux Trousses et sa suite, Bonjour les Vacances, 3 Amigos, Drôle d' Espions…des comédies très légères où il a souvent joué le nigaud de service. Chevy Chase a débuté dans l'émission comique Saturday Night Live au coté de John Belushi et Dan Ackroyd. Il y a remporté deux Emmy Awards. Etonnamment, John Carpenter se dit fan de l'acteur et accepte donc de réaliser ce film et de retravailler avec une major hollywoodienne lui qui en était dégoutté suite au massacre infligé à ses Aventures de Jack Burton. Le voici donc reparti à l'assaut d'un grand studio afin de lui permettre d'avoir toute liberté sur le tournage et le montage.

Daryl Hannah à une impressionante fimographie. Après un petit rôle dans Furie de Brian DePalma, elle enchaînera Blade Runner de Ridley Scott, Splash de Ron Howard qui lui vaut une grande réputation, Legal Eagles (l'Affaire Chelsea Deardon) de Ivan Reitman et Wall Street d'Oliver Stone.

Sam Neill a joué entre autre dans Possession de Zulawski, Omen 3 Final Conflict (la Malediction Finale) de Graham Baker, Dead calm (Calme Blanc) de Philip Noyce, Hunt for Red October (A la Poursuite d'Octobre Rouge) de John Mc Tiernan, Jurassic Park 1 (Steven Spielberg) & 3 (Joe Johnston). Il tiendra le rôle principal dans le film suivant de Carpenter In the Mouth of Madness.

Michael Mc Kean a joué dans nombre de comédies et a été dernièrement l'immonde Gibby Fiske dans l'excellente série Dream On créée par John Landis.
Stephen Tobolowski compte parmi ses principaux films Mississipi Burning d'Alan parker, Thelma & Louise de Ridley Scott et Groundhog Day (Un Jour sans Fin) d'Harold Ramis.

Pour le tournage Carpenter pourra apprécier les talents du Directeur de la Photographie William A. Fraker connu pour son travail sur Close Encounters of the 3rd Kind (Rencontres du 3ème Type) de Steven Spielberg, du Chef Décorateur Lawrence G.Paull qui avait créé les décors de Back to the Future (Retour vers le Futur) de Robert Zemeckis et Blade Runner de Ridley Scott, et bien sur Bruce Nicholson le superviseur des effets spéciaux visuels de films comme Raiders of the Lost Ark (Les Aventuriers de l' Arche Perdue) de Steven Spielberg ou the Empire Strikes Back (l'Empire Contre Attaque) d'Irvin Keshner. Marion Rothman, la Chef Monteuse avait déjà travaillée avec le cinéaste sur Starman et Christine.
Les prises de vues extérieures seront tournées en 15 jours à San Francisco où les conditions météorologiques compliquèrent assez souvent le travail de l'équipe.

Parmi les tours de force du film, il y a l'impressionnant immeuble des Laboratoires Magnascopics, une fois passé sous le cyclotron. Une esthétique proche des tableaux de Dali avec ses parties de bureau qui flottent dans l'air et les murs qui on l'air d'avoir étés découpés à la tronçonneuse. Carpenter et son équipe tournèrent toutes les scènes de l'immeuble dans l'urgence, la Warner ayant besoin du plateau 16 pour Batman Returns (Batman, le Défi) de Tim Burton.

 

Bien que prévu dès le départ et à cause d'un planning de postproduction très serré, Carpenter ne composera pas la musique du film. Celle-ci sera proposée à Shirley Walker.
Cette dernière a une filmographie importante. Elle a notamment joué au synthétiseur sur Apocalypse Now de Coppolla et elle est devenue une orchestratrice de talent auprès de compositeurs comme Hans Zimmer (Oscar pour le Roi Lion, il est programmeur des synthétiseurs sur Memoirs of an Invisible Man) pour Black Rain de Ridley Scott et Days of Thunder (Jour de Tonnerre) de Tony Scott, Danny Elfman sur Dick Tracy de Warren Beatty, Batman de Tim Burton…Elle s'est occupée de composer la musique de la très bonne série télévisée Flash (le super héros de chez D.C.Comics) mais fut remarquée encore une fois grâce à un héros de chez D.C. mais cette fois pour l'excellente série animée Batman. Elle composa d'ailleurs la musique pour le long métrage animé Batman Mask of the Phantasm (Batman contre le Fantôme Masqué). Une de ses compositions est Escape from L.A. en collaboration avec John Carpenter.
La musique quant à elle est éditée par le très sérieux Varèse Sarabande. Le pressage est très bon mais la durée du disque est affligeante :30 minutes.
Pour écouter la musique dans l'ordre : 2, 3, 5, 9, 7, 4, 10, 6, 8, 1.

Pour ce qui est des éditions vidéos, elles étaient toutes excellentes que ce soit en VHS ou en Laserdiscs. Les DVDs Zone 1 et 2 sont d'assez bonnes factures mais comportent tous les deux, une version française canadienne.

Le livre de H.F.Saint est édité sous le titre du film français en format poche chez J'ai Lu .

Les effets spéciaux :
Travailler sur un film dont l'invisibilité est la base n'est pas de tout repos pour un technicien des effets spéciaux. Pourtant quand l'on regarde le film de la Universal, les effets spéciaux de John Fulton tiennent toujours le coup après toutes ces années et cela rajoute un challenge à l'équipe de techniciens d'Industrial Light & Magic.

 

Toutes les possibilités seront étudiées et exploitées, même les plus courantes.
Par exemple pour la scène où Nick Halloway s'enfuit en se débarrassant de ses affaires dans le parc, l'acteur était sous un body bleu très moulant sous ses habits. En éliminant par ordinateur toute la couleur bleue, le comédien s'efface alors comme par enchantement. Cette technique fut aussi utilisée pour la scène du footing, du tennis…
Dans une des plus belles séquence, la pluie se met à ruisseler sur le corps de Nick, se qui permet à Alice de le voir en translucide. Pour cela, il a fallu peindre et habiller Chevy Chase intégralement en noir devant un écran bleu. Puis on lui balance de l'eau en éclairant énormément pour que chaque goutte soit éclairée et puisse ainsi faire en sorte que le visage soit identifié. On déforme ensuite l'image par ordinateur pour avoir une impression plus aquatique. Ce fut un calvaire pour l'acteur qui devait avoir les dents peintes en noir, porter des lentilles bleues…

La scène de l'estomac fut réalisée grâce à une maquette transparente. Un liquide coloré dont les mouvements étaient programmés sur ordinateur fut injecté dedans.
Il fallu huit mois à l'équipe pour pouvoir finaliser les effets.