JOHN CARPENTER'S
VILLAGE OF THE DAMNED

Titre français : Le Village des Damnés.
Universal Pictures présente une production Alphaville, un film de John Carpenter avec Christopher Reeve (Dr Alan Chaffee), Kirstie Alley (Dr Susan Verner),
Linda Kozlowski (Jill McGowan), Michael Paré (Frank McGowan), Mark Hamill (Révérend George), Meredith Salenger (Melanie Roberts),
Thomas Dekker (David),Lindsey Haun (Mara), Peter Jason (Ben Blum), George "Buck " Flower (Carlton). Scénario de David Himmelstein d'après le livre de John Wyndham et le film de 1960 adapté par Stirling Silliphant, Wolf Rilla et George Barclay, Directeur de la Photographie Gary B.Kibbe,
Chef Décorateur Rodger Maus, Chef Monteur Edward A.Warschilka, Ingénieur du Son Thomas Causey, Musique de John Carpenter & Dave Davies,
Effets Spéciaux Visuels I.L.M supervisés par Bruce Nicholson, Effets Spéciaux de Maquillages par K.N.B., Coproduit par David Chackler,
Coproducteurs Exécutifs James Jacks & Sean Daniel, Producteurs Exécutifs Ted Vernon, Shep Gordon & André Blay,
Produit par Michael Preger & Sandy King. 1995. Panavision. 98 minutes. Disque édité chez Varèse Sarabande (ref :vsd 5629).

L'histoire : Midwich est un petit village, modeste, comme il en existe tant. Un jour, une force invisible endort toute la communauté, bétail et animaux familiers y compris, dans un sommeil très profond. Personne ne peut déterminer la nature de ce phénomène étrange. Quelques semaines plus tard, plusieurs femmes se retrouvent enceinte dont leurs grossesses datent du fameux jour. Les enfants naissent la même nuit et au fil des mois, les villageois remarquent qu'ils ont tous les mêmes caractéristiques physiques. Des cheveux blonds, des teints blafards, des visages impassibles, et des yeux luisants. Autour d'eux des "accidents " surviennent, de plus en plus violents. Mais qui sont ces enfants maléfiques et d'où viennent-ils ?

 

Carpenter, à l'instar de The Thing, va donc nous donner sa vision d'un film culte et d'un roman qui l'est autant, Le Village des Damnés. Ce roman, The Midwich Cuckoos (Les Coucous de Midwich, depuis rebaptisé du même nom que le film), a été écrit par John Wyndham. L'utilisation des coucous dans le titre provient du fait que ces oiseaux pondent leurs œufs dans le nid d'une autre race de volatile. Grand admirateur de l'écrivain H.G.Welles, Wyndham va publier sa première nouvelle en 1931 dans le magazine Wonder Stories. C'est une histoire de science fiction, bien sur, et elle raconte déjà un des thèmes favoris de l'auteur, l'humanité contre des catastrophes surnaturelles. En 1957, un des dirigeants anglais du fameux studio de cinéma M.G.M. propose le roman Midwich Cuckoos aux américains. Deux ans plus tard, c'est Wolf Rilla qui le réalisera d'après un script de Stirling Stilliphant. C'est grâce à l'inventivité de Tom Howard, un jeune technicien, que le procédé de changer le spectre chromatique sur la pellicule fut inventé. On pouvait alors inverser le noir et le blanc d'une partie de l'image ce qui a pu donner les effrayant yeux des enfants. Le film fut tourné avec en vedette le grand George Sanders. Le film terminé, les producteurs ne le sortirent pas avant plusieurs mois et c'est en 1960, fort d'une bonne critique anglaise que le film devint un succès tant public que critique. Trois ans plus tard une suite sortie sous le titre Children of the Damned (Ces Êtres Venus d'Ailleurs) de Anton Leader avec Ian Hendry.

Carpenter va tourner son film sur les lieux même où il avait mis en scène Fog 15 ans plus tôt. Il veut absolument que son film se concentre plus sur les femmes que ne l'avait fait l'original. Etre aussi plus proche du roman. Le film se veut aussi une métaphore sur les enfants confrontés à la violence. De nos jours ces charmants bambins de 8 ans se promènent avec des fusils mitrailleurs. Mais pour le cinéaste, c'est avant tout un film de science fiction. C'est Universal qui est venu chercher le cinéaste pour réaliser ce film. Carpenter fut enchanté car il était un fan du premier film et était tombé amoureux d'une des enfants extraterrestres. Ce qu'il y avait d'intéressant était le fait que cette invasion soit orchestrée de manière vicieuse, de façon intérieure et dans nos propres maisons.

 

Parmi les différences par rapport au film original, le rôle du prêtre y est beaucoup plus développé. A l'époque Wolf Rilla avait du céder contre l'église et les censeurs. Il y a bien sur la vision des mères, qui est loin de cette vision machiste des années cinquante. Les femmes ont une place essentielle dans le film puisqu'il est normal que ce soit elles qui ressentent le plus tous les problèmes liés à leurs enfants. Même l'enfant qui dirige les maléfiques extraterrestres est une fille, Mara alors qu'en 1960 c'était un petit garçon joué par l'inquiétant Martin Stephens (Les Innocents de Jack Clayton).

Etonnamment, à la vision de ce Village des Damnés, il y a des questions qu'un fan de la première heure ne peut manquer de se poser.
Tout d'abord, le héros n'est plus du tout le genre de personnage cynique et imperturbable comme ils avaient si bien étés créés dans des films comme Escape from New York, Mouth of Madness, The Thing, …Non, le personnage du docteur est avant tout humain avec ses qualités et surtout ses faiblesses. Même la réalisation du film n'est pas empreinte de hargne et de méchanceté qui faisait l'apanage des fans du maître. Le film est d'ailleurs de facture assez classique dans son ensemble et c'est grâce à ses plans en scope maîtrisé par un savoir-faire abouti, que l'on se dit que le film est bien réalisé par Carpenter. C'est comme si l'homme s'était calmé. Même à la fin, une lueur d'espoir renaît avec la survie du seul enfant qui ait jamais montré des débuts de sentiments, bizarre.
Cela viendrait peut-être des studios qui ne sont jamais tendre ou bien, et c'est l'explication la plus plausible, comme le cinéaste le dit lui-même, il peut avec ce film payer sa nouvelle piscine. Le Village des Damnés serait donc un film de commande ?
Il reste néanmoins de très belles scènes, comme celle entre Christopher Reeve et Thomas Dekker dans le cimetière, la marche des enfants, la fin du docteur Verner et surtout l'affrontement final, et de bonnes idées comme l'importance des femmes. Mais le film reste le moins personnel du cinéaste car n'y trouvant pas matière à analyses ou réflexion. C'est toujours au-dessus des films fantastiques traditionnels de l'époque mais cela reste parfois sans âme.

 

Carpenter s'est entouré de personnes de choix comme à son habitude.
Sandy King, sa femme qui travaille avec lui depuis Starman.
Gary B.Kibbe a notamment travaillé, outre les Carpenter, comme technicien sur Misery de Rob Reiner, Alien 3 de David Fincher, Demolition Man de Marco Brambilla.

Thomas Causey, ingénieur du son a travaillé sur les films de John Carpenter de Halloween à Prince of Darkness.
Dave Davies est le coauteur de la musique du Village des Damnés en collaboration avec John Carpenter. Membre du groupe rock The Kinks, il avait travaillé sur la musique du générique de début de In the Mouth of Madness.

Il y a aussi, dans le Village des Damnés, une grande collection d'acteurs "Has Been ".
Tout d'abord Christopher Reeve qui fut l'inoubliable Superman dans le film du même nom réalisé par Richard Donner et ses trois malheureuses suites. Nous l'aurons vu dans Somewhere in Time (Quelque Part dans le Temps) de Jeannot Szwarc, Deathtrap (Piège Mortel) de Sydney Lumet au coté de Michael Caine, ce film étant d'ailleurs le remake de Sleuth (Le Limier) de Mankiewicz. Malheureusement, après le tournage du Village des Damnés, Reeve fit une chute de cheval qui le paralysa. Il est un symbole de courage aux Etats Unis où il apparaît régulièrement à la télévision ou aux jeux olympiques pour expliquer comment vivre bien malgré un handicap. Il veut continuer à faire du cinéma et a promis qu'il marcherait à nouveau.

Dans le rôle du Docteur Susan Verner, Kirstie Alley connue des fans de fantastique pour ses deux premiers films, Star Trek 2 de Nicholas Meyer et Runaway de Michael Crichton, l'auteur de Jurassic Park, au coté de Tom Selleck. Elle fut aussi l'héroine de Look Who's Talking (Allo Maman Ici Bébé) d'Amy Heckerling au coté de John Travolta ainsi que de ses deux suites. Elle est depuis peu, une des nouvelles stars de la télévision puisqu'elle joue le rôle titre de la sitcom Veronica's Closet (les Dessous de Veronica) des créateurs de Friends.

Linda Kozlowski a commencée par un Death of a Salesman (Mort d'un Commis Voyageur) de Volker Schlondorff au coté de Dustin Hoffman et John Malkovich. Mais c'est surtout grâce à Paul Hogan et ses deux Crocodile Dundee, réalisés par Peter Faiman pour le premier et John Cornell pour le second, qu'elle doit son succès.

Mark Hamill fut Luke Skywalker dans la première trilogie Star Wars. Il fut l'un des acteurs du film de Samuel Fueller The Big Red One (Au-Delà de la Gloire). Dernièrement il a joué le rôle du Trickster dans la série Flash et donne sa voix avec succès au Joker dans la série animée Batman.

Meredith Salinger est surtout connu pour son rôle titre dans Natty Gann.

Michael Paré malgré un petit rôle dans ce film a eu de bons rôles dans les années 80. Il fut le héros de Streets of Fire (les Rues de Feu) de Walter Hill, Philadelphia Experiment de Stewart Raffill, Moon 44 de Roland Emmerich. Il a tenu le rôle principal dans la série télévisée Texas Police.
Peter Jason en est à sa 5ème participation dans un film de Carpenter. Sa filmographie est impressionnante. Les films de Walter Hill comme 48 Hours (48 Heures), Red Heat (Double Détente) et plein d'autres. Il a également participé à des films comme Karaté Kid de John G.Avildsen et Hunt for Red October (A la Poursuite d'Octobre Rouge) de John Mc Tiernan.

Le disque édité chez Varèse Sarabande est d'un bon pressage malgré une durée assez courte, aux alentours de 30 minutes. Pour écouter le disque dans l'ordre d'écoute du film :
3, 5, 9, 4, 12, 10, 8, 6, 2, 7, 11, 13, 1.

Les copies DVD sont très bonnes avec une mention spéciale pour le son.

Le livre de John Wyndham est édité dans la collection Présence du futur chez Denoël.

C'est KNB qui s'est occupé des Effets Spéciaux de maquillage et ILM a pris part aux impressionantes séquences des yeux lumineux des enfants.

 

Quelques scènes du film furent coupées, en voici deux photos :