JOHN CARPENTER'S
ESCAPE FROM L.A.

Titre français : Los Angeles 2013.
Paramount Pictures présente en association avec Rysher Entertainment une production Debra Hill, un film de John Carpenter avec Kurt Russell (Snake Plissken), Stacy Keach (Malloy), Steve Buscemi (Map to the Stars Eddie), Peter Fonda (Pipeline), George Corraface (Cuervo Jones), Cliff Robertson (Le Président), Pam Grier (Hershe), A.J.Langer (Utopia), Michelle Forbes (Brazen), Jeff Imada (Saigon Shadow), Valeria Golino (Taslima), Peter Jason (Le Sergent), Bruce Campbell (Le Chirurgien en Chef). Musique composée par Shirley Walker & John Carpenter, Chef Monteur Edward A.Warschilka, Directeur de la Photographie Gary B.Kibbe, Chef décorateur Lawrence G.Paull, Scénario de John Carpenter & Debra Hill & Kurt Russell d'après des personnages créés par John Carpenter & Nick Castle, produit par Debra Hill & Kurt Russell. 1996. Panavision. 101 minutes. Disques édités chez Milan pour la musique (ref :35773-2) et chez Lava & Atlantic Records pour le disque de chansons (ref :92714-2).

L'histoire : En 1998, un séisme de force 9 détruit toute la ville de Los Angeles qui s'effondre comme un château de carte. Un gigantesque raz de marée finit de recouvrir le tout. Ayant prévu l'armageddon sur la ville de L.A., le nouveau président est élu à vie. Fanatique et puritain, il impose des lois absurdes telle que l'interdiction de manger de la viande rouge, de sexe hors mariage, de fumer…Tous les contestataires sont envoyés dans la nouvelle ville prison qu'est devenu Los Angeles sans espoir de retour. Utopia, la fille du président, vole à son père la "boite noire " contenant une force de frappe top secret et se rend à L.A. dans les bras de Cuervo Jones, un anarchiste qui veut détruire le régime en place. Le président fait alors appel à Plissken, qui vient d'être arrêté et l'oblige à remplir sa mission en lui injectant un virus mortel dans le corps. Il ne lui reste alors que 10 heures pour retrouver la fameuse boite et tuer Utopia.

1997 est l'année de la rumeur. Une rumeur qui vient d'on ne sait où. Une vilaine rumeur qui dit que John Carpenter est malade, très malade. Pour certains c'est un cancer généralisé qui l'empêcherait de terminer le film que nous, fans, attendons depuis 15 ans, la suite de New York 1997. Sur les photos de tournage, le cinéaste est amaigri, fatigué. Cela ne nous rassure pas. A Deauville, pourtant, le réalisateur fait la promotion de son film et il a l'air en bonne forme.
Et puis, le film sort enfin. C'est déjà un échec au box office américain. Nous sommes le 13 novembre 1997. Snake is back !
Après 15 ans d'attente donc, le trio Carpenter, Russell & Hill se reforme pour donner suite aux aventures du héros le plus cynique, associal et destroy des années 80. Depuis 1981, Snake Plissken est devenu un personnage vraiment culte. Et il lui fallait une histoire qui colle à son charisme, une histoire forte qui soit au-dessus de l'originale. Carpenter, Russell & Hill vont faire un contre-pied aux attentes et écrire une aventure en tout point similaire à celle vécu à New York par l'antihéros. Même histoire mais pas même lieu. Cette fois c'est Los Angeles qui est visée, la ville des anges et de tous ses démons intérieurs. Un scénario tellement cynique et désinvolte que le spectateur assiste avec jubilation aux aventures de Plissken. La critique américaine, elle, n'y a rien compris. Le script nous plonge dans différents univers en suivant les pérégrinations du héros. Il passe par tous les genres, l'horreur, l'action, et même le surf. En fait, tout ce qui fait Los Angeles en matière d'histoire ou de simple tourisme y est montré comme des symboles de la mort car Snake y risque sa vie à chaque fois. Dans le premier épisode des aventures de Snake, New York était une ville prison, maintenant dans ce deuxième opus, la ville de Los Angeles est la seule terre de liberté.
C'est juste après le tremblement de terre de janvier 1994 que Kurt Russell demande à Carpenter de travailler à une suite du seul film dont il aimerait reprendre le rôle. Six mois après les deux amis et Debra Hill se retrouvent afin de discuter pendant de longues heures du tremblement de terre et comment ils en avaient étés affectés. Carpenter commença alors à rédiger un scénario et les deux autres y ajoutèrent leurs idées pour enfin parvenir au scénario définitif qu'est L.A.2013.

Les prises de vues commencèrent le 11 décembre 1995 pour un budget avoisinant les cinquante millions de dollars. Le tournage s'effectua sur pas moins de 70 nuits. Plusieurs décors ravagés par le tremblement de terre furent utilisés par l'équipe comme le stade du Coliseum ou l'hôtel Biltmore. L'équipe construisit aussi une réplique du Sunset Boulevard qui couvrait 1200 mètres de long.
Kurt Russell fouillera son placard pour y récupérer son costume de Plissken du premier film. Le personnage n'a pas changé, son costume et la situation politique non plus. Les politiques sont désormais des ultra-conservateurs, des fondamentalistes chrétiens qui amènent un ordre nouveau, celui de la "non-liberté ". Los Angeles devient alors le symbole de résurrection de tous ces privilèges perdus. Plissken y croisera plus d'un personnage loufoque.
- Map to the Stars Eddie, arnaqueur en tout genre et toujours placé du coté de celui qui gagne.
- Le Chirurgien de Beverly Hills, le plus allumé de tous, qui sort directement de l'imagination de Debra Hill. Et du film de série Z…
- Taslima, jeune et jolie fille, qui pense être heureuse dans la ville de la liberté, ville qui peut tuer n'importe quand.
- Pipeline qui appartient au gang des surfers.
- Hershe alias Car Jack Malone ancien compagnon de Snake devenu femme (??!!) considérée par elle-même comme la plus bandante d'L.A..
- Les ombres de Saïgon, travaillent avec Hershe. Mystérieux comme le nom qu'ils portent.

C'est Kurt Russell qui aura l'idée du plan de fin. Après l'avoir tourné, il demandera à Carpenter de la couper mais le cinéaste refusera pensant qu'il était intéressant de voir la réponse du public face à un plan inhabituel.
C'est la première fois que Carpenter peut filmer un cheval, lui qui adore tant les westerns. Il est cette fois évident que c'est un hommage vibrant au genre qui a été tourné. La poursuite en moto et cheval, le duel des pistoleros font de L.A. un vrai western futuriste.
C'est la scène du basket qui fut une des plus dure à tourner. La basse température et les bottes de Snake rendaient le terrain très glissant pour l'acteur.
Dans la salle de montage, Carpenter du faire de nombreuses coupes puisque le film atteignait la durée de trois heures.
Le cinéaste, comme toujours travaille avec les mêmes personnes. Seul les acteurs changent.
Kurt Russell a beaucoup évolué depuis Jack Burton. C'est sa cinquième participation à un film de Carpenter (si l'on compte Elvis). Il fait maintenant parti des acteurs à succès avec sa participation dans nombres de films tels que Backdraft de Ron Howard, Tombstone de George Pan Cosmatos, Stargate de Roland Emmerich, Executive Decision (Ultime Décision) de Stuart Baird.
Stacy Keach est surtout connu pour être le Mike Hammer de la série télévisée du même nom. Il a participé à des films tels que The Duellists (les Duellistes) de Ridley Scott ou The Long Riders (le Gang des Frères James) de Walter Hill.
Steve Buscemi est le type même de l'acteur excentrique qui ne s'arrête jamais. Nous avons pu le voir dans presque tous les films des frères Cohen depuis Miller's Crossing, Reservoir Dogs et Pulp Fiction de Quentin Tarantino.
Peter Fonda est bien sur le fils d'Henry Fonda. C'est Easy Rider qui lui donnera son statut de star.
George Corraface est né en France. Il a joué à la Comédie Française et a passé plusieurs années dans la troupe de Peter Brook. Il joué au cinéma le rôle de Christophe Colomb dans le film concurrent de celui de Ridley Scott la même année.
Valeria Golino a jouée dans Rainman de Barry Levinson, Hot Shots 1&2 de Jim Abrahams, Indian Runner de Sean Penn, Leaving Las Vegas de Mike Figgis.
A.J.Langer est connue pour son rôle de Rayanne, l'amie d'Angela dans la série My So Called Life (Angela, 15 ans) au coté de Claire Danes.
Cliff Robertson a à son actif un Oscar pour le film Charly de Ralph Nelson. Il a travaillé avec Raoul Walsh, Samuel Fueller, Brian DePalma, Robert Aldrich et bien d'autres.
Pam Grier fut dans les années soixante dix, une star de la "blaxpoitation ". Elle a été en 1998 la star de Jackie Brown de Quentin Tarantino. On la retrouvera dans le Ghosts of Mars de John Carpenter.
Michelle Forbes commença sa carrière aux cotés de Brad Pitt et David Duchovny dans le thriller de Dominic Sena, Kalifornia. Elle fut remarquée dans le rôle de l'enseigne Ro dans la série de science fiction Star Trek Next Generation.
Bruce Campbell est le héros de la célèbre trilogie horrifique et comique des Evil Dead de Sam Raimi. Très ami avec ce dernier, il incarne à la télévision Autolycus, le roi des voleurs dans les séries Hercule et Xena.

Les effets spéciaux du film ont étés réalisés par Buena Vista Visual Effects et donne sans conteste un format très kitsch à ce film. Les maquillages ont étés réalisés par le grand Rick Baker, plusieurs fois oscarisé pour son travail sur des films tels que An American Werewolf in London (le Loup-Garou de Londres) de John Landis ou Men in Black de Barry Sonnenfeld.
Il y a eu beaucoup de scènes coupées au montage de L.A.2013. Au début du film, l'arrestation de Snake dans une ruelle, à peine arrivé à L.A., Snake se bat au coté de cow-boys noirs qui donnent l'assaut à un groupe du Ku Klux Klan. Le combat contre le chirurgien de Beverly Hills était plus long et se terminait par la mort de ce dernier.

L.A.2013 a de très bon pressage vidéos en France comme aux Etats Unis. Pour ces derniers nous attendons toujours le fameux Director's cut que Carpenter a promis de réaliser. Ce serait bien sur un pressage avec les scènes coupées au montage.
La musique a été éditée sur deux disques. Le premier avec 14 chansons dont 7 non incluses dans le film.

Le deuxième contient la musique du film composée par Walker et Carpenter. C'est avec un grand plaisir que l'on retrouve le thème de New York réactualisé par Carpenter. Ce dernier a notamment composé les thèmes où Snake y est très présent de façon western (l'uniforme et le duel). Il est dommage que toute la dernière partie de l'affrontement entre Snake et le Président ne figure pas sur le disque, celui-ci se terminant par le crash de l'hélicoptère. La musique de Walker quant à elle est très proche de celle qu'écrit le cinéaste avec de nombreux synthétiseurs mélangés à des instruments qui rassemblent différents groupes ethniques. Pour écouter la musique dans l'ordre du film, il convient de programmer le CD dans cet ordre : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 11, 12, 10, 13, 14, 15, 16.

Le défaut du spectateur serait de regarder ce film autrement qu'au second degré même si cette fois c'est le fond qui prend le pas sur la forme. C'est l'ironie qui prime au contraire d'un film comme They Live dont le message n'était pas si différent. Le divertissement avant tout même si la dénonciation reste, car encore une fois c'est l'apologie du "seul contre tous " qui trône. Plissken est Carpenter, Carpenter est Plissken. L'homme est désabusé, son héros l'est aussi. Le cinéaste dit donc toujours ce qu'il pense mais en y incluant l'amusement, il exprime la fin d'un combat pour la continuation de son œuvre. Le cinéma est tout ce qu'il lui reste dans une guerre perdue d'avance. Le plan final exprime tout cela en faisant un énorme bras d'honneur (et plus même) à Hollywood tout en y réalisant ce film pour une major. Plissken regarde le spectateur et lui parle, Plissken devient alors Carpenter et nous déstabilise en effaçant tout le coté magique et imaginaire du cinéma. Le personnage n'est plus quelqu'un de fantasmagorique puisqu'il existe et qu'il nous adresse la parole. Ces deux minutes là sont une apothéose à un film jouissif et relance le débat sur la fin du cinéaste. Vampires nous prouvera qu'il en est tout autrement.

Peut être reverrons-nous Snake sur grand écran dans le prometteur Escape from Earth, mais le peu de succès de ce second opus nous laisse dans le doute.
Une série animée est en préparation, ainsi qu'un comics.